Hommage à Marie-Antoinette Moise

Crédit photo: Billy

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Grand-mère, tu comptais tellement pour moi et voilà tu es partie sans même pouvoir me dire au revoir. Tu nous as laissés à une date à laquelle on ne s’attendait pas. On espérait tellement pouvoir jouir de ta présence, mais la vie en a décidé autrement.

A ton départ, je réalise une autrefois que perdre un être cher est très dur. Néanmoins, on ne peut s’empêcher d’accepter la mort quand elle frappe impitoyablement. Ne dit-on pas de la mort qu’elle est une cité où personne ne sortira vivant ? Malheureusement, ses sanglantes flèches ont atteint grand-mère à l’âge de 88 ans. Je n’espérais pas un départ sitôt en dépit du fait qu’à cet âge en Haïti on est déjà sûr d’un départ imminent… Read More

Pour toi chère inconnue

Crédit photo: faty.mondoblog.org

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Te rencontrer était quelque chose de formidable. Tu donnais l’impression à première vue d’être une fille timide et réservée. Cependant nul ne pouvait s’empêcher de te regarder. Rien qu’à te contempler, qu’à observer ta démarche le frison montait d’un cran. L’impact que tu as fait dès le premier jour de notre rencontre était unique. Plus d’un pensaient que tu n’étais pas d’un abord facile mais ton sourire ne cessait d’attirer les regards vers toi. Au-delà même des regards,  on ne pouvait s’empêcher de penser à t’approcher. Partager quelques phrases avec toi,  avoir ton numéro, pouvoir te dire à quel point tu attires tracassaient tellement les esprits.

Les jours passaient et tu continuais de briller. Entre temps beaucoup se jetaient déjà dans l’eau pour  t’arracher un mot. Finalement, tu te révélais être une fille très ouverte avec  plein de qualités. Non seulement tu es craquante mais aussi tu possèdes des qualités qui te rendent encore plus attirante. Tu es d’une gentillesse et d’une amabilité extraordinaires. On a découvert une fille pleine d’humour et de sens de responsabilité. Cela n’a pas duré pour que tu influence ceux qui évoluaient autour de toi… Read More

Une rencontre restée immortelle

 

crédit photo: fr.wikipedia.org

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Elle m’a décidément marqué cette rencontre. Jusqu’à présent les images passionnantes de ses charmes défilent dans ma tête rêveuse. Parlant de rencontre, j’ai certainement vécu des tas mais celle-là a eu la particularité de me fracasser l’esprit et d’exploser mes émotions. C’est comme si j’ai été emporté hors de ce monde vers une destination totalement inconnue. Je n’avais jamais imaginé qu’elle laisserait autant de traces dans ma vie.

J’avoue qu’une minute avant ce moment je n’avais aucune impression de ce qu’il allait être. J’ignorais même s’il arriverait. Mais il est arrivé comme une pluie qui arrive sur une terre desséchée désaltérant ainsi ma soif. Le vivre a été pour moi une occasion de me sentir réellement dans ma peau. Pure hasard ou je ne sais quoi m’a amené en cet endroit à cette heure-ci d’une journée estivale. Dans cette rue qui sera pour toujours un souvenir mémorable. Sous cet amandier qui retiendra à jamais l’échange de nos premiers sourires avec tant de tendresse et de passion. Et ce, sans que personne ne s’en soit aperçu… Read More

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Vers le sommet de la réussite…

Crédit photo:fotosearch.fr

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«Je veux réussir ! Je vais réussir coûte que coûte ! Je suis prêt à prendre le risque que cela demande ! Je suis super motivé pour cette cause … » Ce sont bien des expressions et bien d’autres encore qu’on entend assez souvent chez des personnes qui s’engagent dans une initiative quelconque, bien entendu noble. Mais dans l’ensemble combien sont restés fidèles à leur promesse ? La plupart du temps une poignée… Mais le sommet de la réussite est-il si difficile ? Voyons voir…

La plupart des initiatives de cette vie se présente comme des défis difficiles à relever. Je me rappelle récemment avoir dit à une amie qui avait des problèmes familiaux que la vie ne fait jamais de cadeau. C’est à nous de travailler pour la rendre meilleure. Elle m’avait répondu que ce n’était pas facile d’arriver à connaitre le succès dans nos entreprises. Mais j’ai répliqué : « Continue de foncer malgré tout »… Bref !

Réussir dans ce qu’on entreprend n’est pas une mince affaire mais bien un vrai travail d’hercule. En effet il faut viser le sommet. Mais laissez-moi vous dire, contrairement au sommet d’une montagne qui a des limites, les sommets de l’esprit, eux, n’ont pas de limites. Chacun dans cette vie a un sommet à escalader. Comme Edmund Hillary a déclaré : « Je crois que dans la vie nous luttons tous contre une montagne comme l’Everest et que la clef du succès est très semblable dans les deux cas. » Cela prouve que dans la vie chacun a un sommet à gravir et est dans l’obligation de s’y atteler.

Ce qu’il faut :

Précisons que vivre c’est réussir constamment comme le disait Amiel. Une personne qui marche vers le sommet de la réussite n’est pas celle qui court vers la célébrité ou vers la gloire. Si c’était le cas beaucoup de personnages du monde entier seraient considérés comme ayant échoué. Mais une personne qui réussit constamment c’est celle qui vit avec l’objectif d’atteindre le but de son existence. Celle qui trouve en elle-même la certitude de n’avoir pas vécu en vain.

Marcher vers le sommet de la réussite c’est savoir combiner ingéniosité et ténacité. C’est savoir concrétiser ses idéaux, atteindre ses buts, terminer ce que l’on commence. C’est encore savoir transformer ses rêves en réalité. C’est aussi quand on se consacre à la vérité et au partage avec les autres, quand on développe un caractère intègre.

On ne connaitra sans doute pas la réussite en étant un paresseux. Il faut lutter constamment et ce, sans défaillir. A partir d’objectifs, de plans concrets, du travail…il faut avoir de la consistance. Si l’on échoue, ce n’est qu’une bataille perdue qui doit nous rendre encore plus fort pour gagner la guerre. Car on aura fait de l’expérience d’échouer. Il faut réessayer et poursuivre dans la bonne direction.

Notez bien que l’argent n’est pas un but en soi mais un moyen pour parvenir au but. Celui qui en fait son but le plus souvent échoue ou n’a aucune fierté ni personnalité respectable. Il utilise tous les chemins pour se faire du fric et au final il peut même aller à des actions malhonnêtes.

Le fondement de la réussite selon Benjamin Franklin se résume à travers les 13 points que voici : Abstinence, silence, ordre, résolution, frugalité, application, sincérité, justice, modération, propreté, tranquillité, chasteté et humilité. Cette liste de Benjamin n’est sans doute pas exhaustive. Chacun de nous, dépendamment de nos expériences, de notre culture, de nos habitudes…peut aussi en formuler une. Néanmoins il reste clair que le sommet de la réussite est ouverte à nous tous il faut seulement que l’on parte à l’aventure.

© Billy James RAYMOND

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Lettre tardive d’un fils à son père adoré !

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J’ai probablement fait l’un des choix les plus difficiles de ma vie en choisissant d’écrire cette correspondance. Elle traduit tout un fleuve d’émotions qui me traverse et surtout une rage démesurée de ne pouvoir l’écrire que maintenant. Il n’est sans doute jamais trop tard pour bien faire. Mais le temps aussi peut être un handicap parfois, surtout quand il aura déjà mis un fossé, un mur…

Bref, en dépit de tout j’aurais bien aimé que tu saches à quel point je suis à la fois ému et touché de pouvoir jeter ces quelques propos sur une page blanche. J’aurais aimé te témoigner en face tout cet océan d’amour, d’admiration et d’appréciation qui s’est installé dans mon cœur pour toi. Il est devenu de jour en jour plus débordant et les vagues ne cessent d’atteindre l’extérieur.

Un amour que j’ai nourri pour toi depuis toujours. Tu as su m’élever et me garantir une éducation saine dans la mesure de tes moyens. Tu as pris soin de moi. Tu m’as tenu gardé plus qu’un trésor que tu avais caché dans les profondeurs de tes entrailles. Bien enfoui et protégé loin de tout ce que pourrait imaginer l’esprit humain.

M’ayant toujours servi d’exemple de respect, de courage, de foi, d’espérance, de combativité… Tu as su incarner en moi au-delà même de ton imagination des valeurs d’un prix inestimable. Ces valeurs m’ont permis d’avancer, comme tu l’as toujours souhaité pour ton unique fils sur la voie de la réussite. Oh ! Que je te suis admirablement et profondément reconnaissant.

J’aurais souhaité te laisser découvrir toi-même la grande fierté qui m’enorgueillit seulement d’avoir un père comme toi. Toi qui ne m’as point épargné le fouet quand c’était nécessaire. Certes, il n’a pas toujours été ta première option quand j’ai failli à un devoir, comme ne pas saluer un personnage dans la rue. Mais tu en as fait un usage de redressement afin de m’orienter dans la bonne direction.

Mais à présent, mon cœur est déchiré et froissé. Tu es si loin de moi et j’ai tellement de regrets, de frustration qui me rongent l’âme. Qu’est-ce que j’ai pu regretter de n’avoir pas pu te raconter tout cela plus tôt ! Tant de regrets de n’avoir pas compris qu’il fallait te témoigner toute mon affection lorsqu’on était tout le temps ensemble toi et moi ! Je sens comme un fardeau trop lourd à supporter de savoir que tu es si loin de nous.
Tant de peine de t’avoir parfois désobéi ! Quand j’ai cru que mes choix étaient ce qu’il fallait faire et que j’ai omis tes volontés. J’aurais tant souhaité que tu sois là en face de moi pour me corriger et m’orienter ! Tes conseils valaient plus que l’or. Mais il est peut-être trop tard. Tu es déjà si loin !

Malgré la force et la pression du temps qui voudraient m’amener à t’oublier, je reste ferme. Je ne bronche pas. Car comment oublier un homme comme toi ? Pour moi tu représentes plus qu’un père. Non je ne t’oublierai jamais ! Peu importe les circonstances.

Père, cette correspondance j’en suis sûr ne te parviendra jamais, et c’est ce qui me fait le plus de mal. Tu ne pourras jamais en lire la moindre phrase. Mais je ne pouvais pas ne pas l’écrire cette lettre, par devoir. C’était si fort, si difficile à retenir. Et puisque jamais tu ne pourras y lancer un regard, j’aurai des conseils aux éventuels lecteurs qui liront cette lettre.

Ne manquez jamais l’occasion de dire à un être cher à quel point vous l’aimez et l’appréciez. N’ayez point honte si vous avez quelque chose qui traverse votre être intime. Si vous avez l’opportunité de vous réconcilier, d’obtenir le pardon, d’exprimer votre affection à un parent ou un ami. Profitez-en ! Laissez votre cœur parler et dites tout ce que vous avez à exprimer.

Ce faisant, c’est comme un fardeau que vous vous épargnerez.  Le temps est si dur parfois. Quand il vous enlève toute opportunité de revoir vos proches et vous avez des regrets. Moi j’en ai eu quelques-uns, notamment de n’avoir pas suffisamment profité des occasions que j’avais pour dire à mon père toute l’ importance qu’il représentait à mes yeux, dans ma vie. Cela m’a servi de leçon.

***RIP Cher père adoré !

© Billy James RAYMOND

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Quand j’ai cru frôler la mort, ce 12 janvier 2010 !

275*183
(Credit photo:20minutes.fr)

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(Credit photo:20minutes.fr)


Un peu mordu de lecture, je lisais tranquillement un ouvrage de Guy Rocher : « Introduction à la sociologie générale, tome 1- L’action sociale». Nécessité m’obligeait car je venais de passer le concours d’entrer à la Faculté des Sciences humaines. Apprenti sociologue, donc je prenais un plaisir immense à ce genre d’ouvrage. Mais mon Dieu ! cette partie de lecture dans laquelle j’étais tellement immergé allait bientôt être troublée. En ce mardi après-midi, soleil presque disparu du côté ouest. C’était juste imprévisible.

Un événement auquel je n’étais pas habitué allait effrayer la tranquillité qui régnait en moi. D’ailleurs la grande majorité de mes frères haitiens n’y était pas non plus. C’était comme, pour ainsi dire dans un film. Je ne savais pas si j’y étais acteur ou spectateur. J’étais peut être les deux qui sait ? Acteur dans le sens que je vivais la situation et je devais réagir face à l’anxiété débordante qui se déclenchait de mon for intérieur. Spectateur dans le sens que j’assistais à une expérience d’une ampleur effrayante sans précédent.

Dans tout cela je n’ai pas besoin de vous dire l’effroi qui m’était en partage. Ben, livre en main assis sur le toit de chez moi (maison basse des années 1990). L’heure qu’il faisait j’allais le savoir après à travers les journaux. Oui une heure qui restera éternellement gravée dans la mémoire de l’histoire. Bien sûr l’histoire ne saurait ne pas la retenir. La mémorable 16 heures 53 minutes de Port au Prince, ce mardi 12 janvier 2010.

De mon siège de fortune, je voyais comme la nature tremblée comme une feuille de papier. Les arbres de ma cour me donnaient l’impression de tomber vers ma direction. Et entre temps le toit sur lequel j’étais assis secouait dans tous les sens. Et les murs commençaient à se fendre. Je savais ce que c’était mais honnêtement j’ignorais les bonnes réactions qu’il fallait avoir.

Il fallait réagir vite car dans l’air il y avait une odeur de malheur. Une odeur suffocante d’angoisse et pimentée de cette idée de mourir si jeune. Que faire alors ? sauter du haut du toit et me retrouver dans la cour? Non je n’ai jamais suivi de cours d’Arts martiaux et je n’ai pas d’ailes. Outre cela, je ne sais pas si la maison au cas où elle s’écroulait ne tomberait pas sur moi.

Alors courir le long du toit vers la passerelle pour y descendre ? La rage du tremblement ne me laisserait pas garder mon équilibre en courant. Oups! J’avais plus que l’embarras du choix. Dilemme plus qu’embarrassant. Alors j’ai décidé. Et ma décision a été de coucher à plat sur le toit. Car me disais-je s’il faut que la maison s’écroule, je resterai collé au toit.

Dieu merci ! Car il faut bien le dire j’ai invoqué son nom. La maison a secoué, un mur fait de pierre s’est écroulé, deux autres fendus mais la maison n’a pas cédé. Les colonnes ont pu supporter pendant environ 35 secondes qu’a duré ce calvaire. Ces secondes, qui m’ont semblé une éternité, une punition, ne m’ont pas emporté.

Toute suite l’arrêt a eu lieu, j’ai couru vers la passerelle et j’étais descendu. Jusque-là je ne saurais imaginer l’ampleur des dégâts. Le ciel de Port au Prince était couvert d’immenses tas de nuages poussiéreux. Des cris se sont élevés partout. Il fallait savoir si sa famille et ses amis étaient encore en vie. Car on s’est rendu compte que ce qui venait d’avoir lieu était un séisme meurtrier pour le pays. Et ce deux ans après que quatre cyclones auront frappé le pays terriblement.

Tous commentaient l’événement et les rues de Port au Prince et la plupart de nos villes étaient jonchées de cadavres et de blessés. C’était juste incompréhensible ! Heureusement toute ma famille et mes amis étaient encore en vie. Mais ce qui m’a le plus profondément touché, c’était le fait d’imaginer que je pourrais être de leur nombre.

Je considère tous ceux qui sont sortis vivant de cette horrible catastrophe comme des rescapés. Moi aussi j’en fais partie. La vie m’est encore restée un cadeau précieux. Plus précieux que du diamant. J’en suis ravi. Ce moment de ma vie je ne l’oublierai jamais, pas seulement moi mais le peuple haïtien tout entier.

© Billy James RAYMOND