crédit photo: www.banquemondiale.org

crédit photo: www.banquemondiale.org

Haïti fait face depuis plus de deux siècles d’indépendance à des difficultés de toutes sortes. Aucun secteur de la vie nationale  n’est épargné. De la politique en passant par l’économique, le social à l’éducation le pays ne se comporte pas bien sur le plan macro. Il ne fonctionne que pour fonctionner mais est mal organisé.  Dans tout cela, le secteur éducatif, est forcément un aspect central pour la compréhension de certaines réalités.

Au fait, la question de l’éducation déjà analysée par plusieurs spécialistes n’est cependant pas une question qui serait totalement épuisée tant elle revêt un caractère fondamentalement complexe. Sa complexité ne date pas d’hier et n’est pas facilement appréhendable c’est-à-dire pour bien la cerner faudrait-il considérer plusieurs facteurs  dans une dynamique d’ensemble.

A regarder le fonctionnement, les divers mécanismes d’existence, les structures du système éducatif haïtien d’une part et en consultant certains des ouvrages traitant de cette thématique d’autre part, un certain nombre de constats peuvent être faits. Constats qui peuvent en eux-mêmes constituer des facteurs de blocage, de sous-développement pour le pays  mais aussi comme des conséquences des comportements de nos dirigeants..

En effet, le système éducatif haïtien fonctionnant sous des bases assez fragiles avec notamment beaucoup d’imperfections et de lacunes causent certainement de nombreux torts au pays surtout dans le cadre de son développement, de sa représentation dans le concert des nations, de sa position face aux autres pays de la planète. En se référant à l’histoire, cette dernière  nous montre que depuis l’indépendance la question de l’éducation était mal abordée mis à part les efforts de Dessalines et de Christophe. Dès l’origine de l’Etat haïtien elle  a été l’affaire d’une minorité et ce pas n’importe laquelle de la petite aristocratie ce qui fait que les masses populaires étaient exclues. Les pratiques éducatives n’ont donc pas été bénéfiques pour le pays considérant l’état actuel des choses.

A bien observer le système éducatif haïtien dans son ensemble ne fonctionne pas en uniformité sur toute l’étendue du territoire national. Cela dit qu’il existe des éléments de différenciation pour des élèves censés être au même niveau. Ces éléments de différenciation peuvent être à la fois d’ordre qualitatif et d’ordre qualitatif. En effet, beaucoup d’écoles choisissent leur propre pédagogie, utilisent des ouvrages différents, orientent leur façon de disposer de l’enseignement comme bon leur semble ce qui a certainement des retombées sur les élèves et sur le cout de la scolarité. Pendant ce temps d’autres offrent une éducation au rabais avec des professeurs le plus souvent mal formés, l’utilisation des méthodes inappropriées, des nombres d’heures de cours insuffisants etc. Tout cela constitue des éléments de la non-uniformité de l’éducation dans nos écoles. Ces éléments de par leur existence entravent le système et l’empêche de bien fonctionner.

Dans ce même ordre d’idées nous pouvons souligner également une manière de fonctionner des écoles en milieu rural et une autre des écoles des milieux urbains. A cet effet, Fritz Dorvilier dans son texte intitulé La crise haïtienne du développement a écrit :

« En effet les enfants provenant des milieux ruraux n’ont objectivement aucune chance d’accès au premier niveau de l’enseignement préscolaire du fait qu’il n’existe à la campagne, à la différence des villes, aucun centre scolaire qui dispense cet enseignement  néanmoins considéré comme nécessaire à l’éveil cognitif.₁»

Cette citation du professeur Dorvilier nous montre que le système éducatif haïtien ne fonctionne pa en uniformité de façon à permettre aux enfants des milieux ruraux et ceux des milieux urbains de bénéficier de l’égalité des chances devant l’école. Les enfants n’ont pas la possibilité de fréquenter l’école de leur choix car il faudrait que la bourse des parents réponde. En ce sens les grandes bourses peuvent se permettre le luxe d’envoyer leurs enfants dans les meilleures écoles, les écoles de leur choix qui leur assure ainsi un brillant avenir. Les petites bourses quant à elles ne pouvant pas se permettre ce luxe se contentent des écoles dont ils peuvent assurer les frais scolaires.

Le constat qui est fait ne reste pas là. En fréquentant telle ou telle école, l’enfant a ou n’a pas accès aux matériels didactiques exigés. En plus du fait que les divers établissements scolaires ne font point usage des mêmes ouvrages mais la plupart du temps ceux qui vont dans des écoles communales, des lycées, les écoles de seconde zone par exemple n’ont généralement pas l’opportunité de se procurer le matériel didactique adéquat. En ce sens ils ont comme seuls matériels qu’une plume et des cahiers de prise de notes.

De par la qualité d’éducation offerte les écoles sont dotées de bibliothèque, de laboratoires, de terrain de jeux  ou pas etc. Ceci dit que les élèves qui les fréquentent n’ont pas la même chance d’utiliser ces différents moyens d’apprentissage selon qu’ils fréquentent une école bien équipée ou une école de seconde zone, ou lycée ou école communale. C’est pour cette raison que l’éducation fait problème. Elle n’est pas uniformisée. En ce sens quels sont les travaux effectués sur cette question ? Comment peuvent-ils nous aider à l’éclairer ? Nous en reparlerons dans la suite.

1.- Dorvilier, Fritz, la crise haïtienne du développement, éditions de l’université d’Etat d’Haïti, 2012

©Billy

The following two tabs change content below.
billy
Fils de la terre d'Haiti, je vise l'excellence et je crois dans le travail assidu et constant. J'ai une formation en sciences economiques et en sociologie. Je veux travailler pour apporter ma contribution dans le progres du monde. Merci de toujours visiter ma site.

2 thoughts on “De la problématique de l’éducation à plusieurs vitesses en Haïti (Partie 1)

  1. Pingback: De la problématique de l’éducation à plusieurs vitesses en Haïti (Partie 2) | L'oeil analyste

  2. Je crois que vous avez émis un travail de classe mr Dorvilier.
    Au reserve que l’éducation n’est pas encore à cause d’une carence d’infrastructure.
    En plus du probleme de la ressource humaine, la ressource materielle au niveau des écoles en Haïti est une nécessité à prendre en considération car nos élèves repetent plus,écrivent plus que de pouvoir pratiquer, manipuler les elements de l’environnment afin d’atteindre l’objectif de l’éducation..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *