crédit photo: ww.rtbf.be

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Les moyens de transports sont inventés par l’homme afin de lui faciliter la circulation dans ses divers déplacements. Non seulement ils lui permettent de se rendre dans un lieu à un autre en réduisant le temps de parcours. Ils lui permettent entre autres, de se fatiguer moins et d’être plus efficace. A notre époque, vivre sans des moyens de transport parait pratiquement impossible vu la configuration de notre planète et les flux de voyageurs. Il faut passer d’un continent à un autre, d’un pays à un autre, d’une région à une autre etc. Pour cause, affaires, famille, vacances etc.  Ils sont donc incontournables.

Cependant, sur un pays comme Haïti, on mérite de s’arrêter un moment question de bien voir clair. Comme dans les autres pays de la planète, transport public et privé coexistent en Haïti. Mais quel transport public? Dans quelles conditions ?  Partout à travers le territoire national, au vu et au su de tous, la plupart de mes concitoyens risquent leur vie en prenant le transport en commun. Y compris moi évidemment. La majorité des camionnettes, bus, camions etc. servant à nous transporter pour vaquer à nos activités ne le devraient point. Ils sont en mauvais état, tombent en panne n’importe quand et n’importe où sur nos routes construites au rabais et délabrées. Hélas, c’est bien le cas. Honte pour un peuple ayant plus de 200 ans d’indépendance…

Une simple observation de nos déplacements à travers la capitale ou en province suffit pour nous montrer notre état. Dans nos camionnettes et nos bus n’offrant nullement de confort,  nous sommes entassés comme des sardines. Ceux qui ne trouvent pas un petit coin pour s’asseoir sont debout tant dans les couloirs des sièges. Lorsque l’intérieur regorge ils s’accrochent, perchés à l’arrière. Bien sûr, Chaleur, inconfort règnent comme maitre et Seigneur sans mentionner le vacarme des passagers.

Nos fameux camions et pickups  transportant à la fois marchandises et personnes viennent colorer davantage ce sombre tableau. Rencontrés surtout en province ou dans les hauteurs de Port au Prince (Kenskoff, Furcy…) on se demande des fois qui les gardent sur nos routes. Bref, le transport en commun en Haïti est exécrable. Qui en est responsable ?  Que dit l’Etat ? Bien sûr on nous souffle toujours à l’oreille «  notre Etat est faible. » D’ailleurs qui n’en est pas conscient ?

On emprunte ces moyens de transport tous les jours. On a conscience des risques si évidents que nous courrons et malgré tout on ne dit rien. On ne change presque rien. On accepte tout. Même si l’on risque sa vie, ce que l’on veut c’est renter chez soi ou ne pas être en retard au bureau ou à l’école etc. Pendant ce temps les années passent cela devient encore plus normal à nos yeux. Néanmoins on continue d’importer des camions, des bus, des pickups d’occasion pour nos transporter. Notre pays est comme une poubelle. On y jette tout ce qui n’est plus utilisable ailleurs. Combien de familles haïtiennes ont porté le deuil a cause de ces « bokota »1. ? On ne peut certainement pas les compter. Cependant on continue d’en faire usage.

Toutefois on peut constater que  certains efforts sont en train d’être faits. On entreprend de moderniser timidement le secteur surtout pour les trajets Cap-Port au Prince, Cayes –Port au Prince etc. Mais le gros du problème demeure. L’état de notre système de transport public est terrible. Il faut y remédier. Comment donc s’y prendre ?

Ce problème à mon avis devrait concerner tous les secteurs de la vie nationale. L’Etat en particulier malgré ses faiblesses. Mais pas seulement l’Etat, le secteur privé doit s’y mettre. Il est temps que nous les Haïtiens, nous puissions jouir d’un transport public de qualité. Grand temps qu’on nous transporte plus comme des sardines mais des humains. Ces cercueils ambulants ne doivent plus nous transporter. La vie est si précieuse pour qu’on la risque de la sorte. J’interpelle la conscience de mes concitoyens et concitoyennes.

1 bokota: terme local pour designer Voiture, camion, bus…usagés, en mauvais état  qui ne devraient plus circuler.

© Billy James RAYMOND

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billy
Fils de la terre d'Haiti, je vise l'excellence et je crois dans le travail assidu et constant. J'ai une formation en sciences economiques et en sociologie. Je veux travailler pour apporter ma contribution dans le progres du monde. Merci de toujours visiter ma site.

3 thoughts on “Cercueils ambulants et la mort est à bon prix

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